croniques mongoles

3 – Et au-delà, l’inconnu

Minuit ? 1h ? 2h ? J’ai oublié à quelle heure nous avons vécu cet étrange passage de frontière.
Une chose est sûre, à cet instant précis, nous étions sur le point de basculer de l’autre côté.
4 jours à peine après avoir posé le pied sur le sol chinois, nous quittions ce que nous commencions seulement à connaître.
Nous le quittions à grande vitesse.
Sans presque jamais s’arrêter.
Une gare après l’autre, jusqu’à l’au-delà.

L’au-delà est un quai solitaire, nocturne et glacial, balayé par le sable, le vent violent du Gobi et une triomphante musique d’ascenseur.
L’au-delà est un supermarché hors du temps.
L’au-delà est une salle d’attente.
L’au-delà est un étrange gâteau au chocolat.
L’au-delà est un regard mongol. Elle n’avait pas plus de trois ans.

Personne ne nous attend ici. Personne pour nous dire d’où nous venons, qui nous sommes et où on va.
Quand bien même, de toute façon nous n’aurions rien compris.
Mon au-delà à moi, c’est cette ligne droite. Je peux la redescendre, retrouver ce
que j’avais déjà presque appris à aimer. Mais je continuerai quand même.
Vers l’inconnu. Quoi qu’il arrive.

Frontière Mongole : le train K3 à l'arrêt - Voyage en Mongolie - Photographie : Marielle Rossignol, Montpellier
Frontière Mongole : le train K3 à l'arrêt - Voyage en Mongolie - Photographie : Marielle Rossignol, Montpellier
Gad El Maleh à la télé - Frontière Mongole - Voyage en Mongolie - Photographie : Marielle Rossignol, Montpellier
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